Une sacrée tempête cette nuit qui nous a bien fait flipper ! Les portes claquaient, l’eau rentrait de plus en plus dans l’entrée… Heureusement, elle n’a pas investie les différentes pièces comme chez notre voisin d’en face… D’ailleurs, ça le faisait pas du tout rire ce matin d’éponger son sol… Bilan ce matin : encore moins d’activités dans les rues à cause des inondations !
Sinon, il faut quand même que je parle du stage ! Alors, disons que non seulement c’est l’hivernation mais c’est aussi le Ramadan donc l’activité est calme mais nous trouvons de quoi nous occuper quand même. J’ai trouvé ce matin des articles très intéressants d’ethnopsychiatrie, j’aurais aimé y repasser cette après-midi mais la bibliothèque ferme à 14h… C’est fou parce qu’il y a aussi peu d’écrit qu’en France sur la psychiatrie en Afrique. Ce que nous avions trouvé à Lyon datait de Collomb (soit les années 60) et nous pensions qu’ici existerait plus de choses. En fait, le psychiatre nous a confirmé qu’il n’y avait rien de beaucoup plus récent parce que tout est calqué sur les méthodes occidentales depuis que Collomb les a importées. Il faut donc s’orienter vers les revues qui sont plus fournies, ce que je fais donc…
Au niveau pratique, la matinée était assez turbulente parce que dans le service de Ben, c’est jour de visite des anciens hospitalisés. Etant donné que ceux qui reviennent le plus sont les maniaques, nous nous sommes fait alpagués plusieurs fois dans les couloirs et les discussions pouvaient être assez longues… Bon, comme on le sait, la manie est en générale associée à la logorrhée verbale (oui, un peu de psychologie. En gros, ils parlent sans s’arrêter et ne laissent pas intervenir leur interlocuteur) donc une fois qu’ils ont vu qu’on leur a prêté la moindre attention (un simple regard), on ne peut plus s’en sortir ! Du coup, niveau élaboration, c’était assez limité. En fait, je crois qu’il faut se faire définitivement une raison : en psychiatrique, le travail psychologique est limité et les progrès rares.
J’ai déjà pu constater que la majorité des pathologies chez les hommes sont des schizophrénies associées à de la toxicomanie. La question reste ouverte pour quasiment tous les patients quant à savoir laquelle des deux est arrivée en première, la schizophrénie ou la toxicomanie ? La drogue déclenche-t-elle la psychose parce que le sujet est fragile à la base ou celle-ci est-elle une manière de se délivrer de pensées obsédantes induites pas la maladie ? Concernant les femmes, on trouve principalement des tableaux hystériques, des délires de persécution.
Dans les projets des prochains jours, j’aimerais bien aller voir ce qu’il se passe du côté des consultations de jour, c’est un autre service qui reçoit sans rendez-vous. Ce sont des psychiatres qui l’animent. En fonction des cas, ils orientent les patients vers les services d’hospitalisation ou leurs proposent des suivis. Je vais aller me présenter à eux et voir si je peux aider à quelque chose.
Pour Ben, il y a un peu plus de patients dans son service mais il n’est pas surbooké non plus ! L’interne (ah oui, il faut quand même dire qu’ici, les internes font des ordonnances comme s’ils étaient déjà médecins!!) n’est pas très avenante donc il va aussi faire les choses par lui-même et prendre les choses en main.
En résumé, tout va bien pour nous ! On prend le rythme sénégalais et s’habitue aux coutumes peu à peu…